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L’audition, véritable enjeu de santé publique

1. L’AUDITION EN CHIFFRES

1. L’audition en chiffres

  • Le SYNEA souligne l’importance croissante de l’audition dans les questions de santé publique à l’avenir
    Une population vieillissante. La France connaît depuis 2005 une profonde transformation de la structure de sa population par âge due à la conjonction de deux facteurs. D’une part, l’allongement de la durée de la vie grâce aux progrès sanitaires et à l’élévation du niveau de vie et d’autre part, l’arrivée à l’âge de la retraite des “ baby boomers”, c’est à dire les personnes nées dans les années 1946-1960, alors que dans le même temps, les personnes nées dans les années 1975-1990 sont bien moins nombreuses. Le poids relatif des personnes âgées de plus de 60 ans va donc augmenter considérablement ces prochaines années dans notre société.
  • Une démultiplication des problèmes d’audition survenant de plus en plus tôt. Comme le souligne le sociologue Michel Billé, « parmi les comportements sur lesquels il faut certainement se mobiliser : l’écoute de musique à niveau sonore trop élevé, chez les jeunes, et de manière continue, prolongée, en salle de spectacle ou avec écouteurs… Il y a fort à craindre que ces pratiques soient, à terme, porteuses de difficultés majeures sur le plan auditif pour les générations qui sont soumises à ces traumatismes et qu’elles fassent apparaître beaucoup plus tôt qu’on ne le pense des difficultés auditives que l’on croit actuellement réservées aux seniors. »
    Un point sur le marché français de l’audioprothèse
    De son côté, le SYNEA a toujours encouragé la concurrence dans le secteur en se mobilisant notamment en faveur d’une augmentation du nombre d’audioprothésistes en France qui est d’ailleurs passé de 1422 en 2000 à plus de 3400 en 2017.
    Également partenaire des écoles de formation d’audioprothésistes en France, le SYNEA a contribué à porter le nombre de diplômés de 90 en 2009 à 244 en 2017.

2. La non prise en charge de la presbyacousie : Entre répercussions sociales, psychologiques et médicales majeures

Les troubles de l’audition, et plus particulièrement la presbyacousie, ne sont pas sans conséquences. Au-delà des répercussions sociales et psychologiques mises en avant notamment par le sociologue Michel Billé, le Dr Diane Lazard met en garde contre les risques de démence associés aux problèmes de surdité : « La méconnaissance des conséquences de la surdité sur le plan cognitif et physiologique rend sa prise en charge non prioritaire. Il a été pourtant démontré que la surdité est associée à des risques de chute et un risque accru de déclin cognitif pouvant amener l’individu concerné en état de démence. Les sujets atteints d’une surdité légère, moyenne, et sévère présentent un risque de démence de 2, 3 et 5 fois supérieur respectivement qu’à la normale. Il est prédit 1 300 000 démences en France en 2020, avec une prévalence qui doublerait tous les 20 ans du fait du vieillissement de la population.
Des estimations qui incitent le SYNEA à tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de prévention des pouvoirs publics, d’autant que selon l’OMS, il serait possible de prévenir près de la moitié des cas de surdité et de déficience auditive si les causes les plus courantes étaient prises en charge au même niveau que les soins de santé primaires.
Zoom sur la presbyacousie
La presbyacousie est la diminution progressive de l’acuité auditive due au vieillissement du système auditif. La perte d’audition peut être légère, moyenne, sévère ou profonde. Elle touche les deux oreilles de façon symétrique et entraîne des difficultés pour suivre une conversation au début dans les milieux bruyants puis même dans les environnements calmes.
Selon le Dr Diane Lazard : “la survenue d’une surdité liée à l’âge, appelée, presbyacousie, augmente de façon exponentielle avec les décennies, à partir de 60 ans. Ainsi, deux tiers des adultes de plus de 70 ans présentent une surdité. »

3.Les bénéfices d’un appareillage réussi

Se munir de prothèses auditives, ce n’est pas simplement corriger et améliorer son audition. C’est aussi un ensemble de bénéfices qui visent à assurer une qualité de vie et un confort auditif.

Qualité de vie

Se priver d’entendre, c’est se priver de vivre, comme le signale Michel Billé. « A travers ces pertes auditives, vieillir c’est remanier sa vie dans toutes ses composantes et c’est, plus précisément, remanier son rapport au monde, son rapport aux autres et son rapport à soi-même. Comment remanier son rapport à la nature si le chant des oiseaux s’éteint et que la forêt se fait silence ? » Lorsque l’on n’entend plus ou que l’on distingue mal les sons, le rapport à l’environnement se trouve changé et affecte le comportement.
Le cerveau doit alors s’adapter, se réorganiser. La compréhension de la parole accapare les capacités cognitives, au détriment d’autres fonctions qui sont abandonnées. Les personnes atteintes de troubles de l’audition ont tendance à se replier sur elles-mêmes. Grâce à l’appareillage, non seulement les capacités auditives sont améliorées, voire restaurées, mais la vie sociale peut aussi reprendre son cours.

Confort d’audition

Les appareils auditifs sont des dispositifs médicaux qui ne peuvent être délivrés que par un audioprothésiste diplômé d’État et dont l’objectif est d’améliorer la capacité et le confort d’audition des personnes atteintes de déficience auditive, comme la presbyacousie.

L’appareil auditif, concentré de technologie, procède à un traitement sophistiqué du son adapté aux caractéristiques de chaque malentendant contrairement à de simples amplificateurs de sons.
Les aides auditives répondent, pour le plus grand confort des malentendants, à trois principes : efficacité, miniaturisation et facilité d’utilisation. Elles se déclinent essentiellement sous forme de contours d‘oreille, de mini contours avec des écouteurs dans le conduit auditif et intra auriculaires.
Les aides auditives sont à l’heure du numérique. Cela permet à l’audioprothésiste d’effectuer des réglages précis en branchant les appareils à un ordinateur et en modifiant les réglages avec des logiciels développés par les fabricants. Les appareils s’adaptent à l’environnement et vont si besoin moduler les fréquences pour permettre une écoute optimale (atténuation du bruit, reconnaissance du type d’ambiance sonore…). Les dernières générations sont équipées de la technologie Bluetooth et procurent un confort supplémentaire d’utilisation (téléphone, télévision, etc…).
Dans son rôle de conseil, l’audioprothésiste aide par ailleurs le patient à s’orienter vers la solution la plus adaptée à son environnement et à son cadre de vie. Ainsi, et de manière générale, les porteurs d’appareils auditifs français se montrent très satisfaits de leur appareillage, 83% d’entre eux s’estiment satisfaits du confort d’utilisation et 82% considèrent l’appareil comme discret.

4.Les freins à l’appareillage

Une image négative

Bien que les prothèses auditives soient discrètes, elles véhiculent une image négative, un attribut identitaire taxé de ringardise alors que les écouteurs des smartphones font chics, branchés et connectés. Le Dr Diane Lazard partage cet avis : « La désaffection de la prothèse auditive est liée à l’image péjorative du « mauvais vieillissement », au fait que les sujets, surtout s’ils sont socialement isolés, négligent leur handicap. »

LE PRIX
Le coût à prendre en compte

Comme toute activité paramédicale, la prothèse auditive est régie par le code de santé publique. Elle donne donc le droit à une prise en charge par la sécurité sociale et à un remboursement complémentaire par les mutuelles. Les personnes démunies peuvent faire appel à la CMU, ce qui leur permet l’accès à l’assurance maladie. La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut également apporter une contribution financière aux personnes reconnues ayant un handicap avéré (perte auditive supérieure à 70 décibels, difficulté absolue à entendre, percevoir les sons et comprendre).
Avec un environnement de plus en plus concurrentiel, les enseignes offrent des conditions spéciales pour permettre au plus grand nombre de se faire appareiller. Elles proposent des solutions de financement adaptées à chaque budget et à chaque mode de vie, comme la possibilité de payer en plusieurs fois sans frais.
Le SYNEA milite, depuis sa création, pour une meilleure prise en charge des personnes touchées par une déficience auditive par les pouvoirs publics.
Le SYNEA travaille au quotidien pour renforcer les actions de sensibilisation et de prévention à la fois auprès du grand public mais aussi des professionnels de santé prescripteurs comme les médecins ORL. Il est nécessaire de multiplier les actions pédagogiques pour expliquer ce qu’est une déficience auditive et pourquoi il est important de la traiter.

5.Changer les mentalités sur l’appareillage auditif

Les spécialistes rejoignent le SYNEA sur l’importance d’une sensibilisation des Français sur la nécessité d’un appareillage auditif en cas de troubles de l’audition. Selon Diane Lazard, médecin Chirurgien ORL à l’Institut Arthur Vernes et Docteur en Neurosciences, « Notre regard sur l’appareillage auditif doit changer, il n’est pas juste un palliatif mais pourrait bien participer à finalement rester plus jeune ! »
Pour le sociologue Michel Billé, « les enjeux de la prévention des déficiences sensorielles liées à l’avancée en âge se trouvent inclus dans toute cette réflexion sur ce que c’est que vieillir. Savoir, comprendre, accepter, anticiper, alerter, consulter, déjouer, compenser, la prévention est faite de tout cela. »
Comme le rappelle Guillaume Flahault, Président du Synea, « Ce n’est pas l’aide auditive qui « fait vieux », c’est le fait de ne pas comprendre ! ». Ne pas s’appareiller, c’est priver le cerveau d’informations sensorielles et donc réduire une partie de son activité.

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