Livre Blanc

Livre Blanc de l’audioprothèse en France en 2017

Vous trouverez ci-joint le Livre de Blanc de l’Audioprothèse, rédigé par les organisations représentatives de la profession (professionnels de santé, entreprises, Collège, Mutualité) et présenté aux pouvoirs publics ainsi aux candidats à l’élection présidentielle. Fruit d’un travail de longue haleine, ce document est organisé autour de 12 fiches synthétisants travaux récents et données de référence.

 

     1.Un enjeu majeur de santé publique et de finances sociales

La France compte aujourd’hui six millions de malentendants, dont deux millions sont appareillés sur les trois qui, selon le consensus scientifique, pourraient l’être (taux d’équipement de 34 %). Cela signifie qu’un million de personnes qui devraient être appareillés ne le sont pas. Or :

–        La prévalence des troubles auditifs s’accroît avec le vieillissement de la population (presbyacousie)

–    Il est désormais bien établi scientifiquement que les troubles auditifs non soignés favorisent la perte d’autonomie à travers deux canaux principaux : ils aggravent et précipitent le déclin cognitif et accroissent la fréquence des chutes. L’équipement de la population malentendante en audioprothèses, à la condition que ces appareils soient effectivement portés (observance), apparaît donc aujourd’hui comme l’un des principaux moyens de prévenir la perte d’autonomie.

–        Une étude (Kervasdoué-Hartmann 2016) a mesuré qu’il était possible de réaliser une économie de 2,1 milliards d’euros en révisant les règles d’accès aux aides auditives de manière à atteindre un taux d’équipement de 50% de personnes appareillées (taux qui n’est pour l’heure atteint qu’au Danemark). Laurence Hartmann estime qu’un euro investi dans l’audioprothèse représente quelque 10 euros d’économisés pour les pouvoirs publics.

–        En comparaison, le niveau actuel de dépenses liées aux audioprothèses dans l’Assurance maladie est de 134 millions d’euros (source : CNAM 2016).

 

       2.La spécificité française et les causes du sous-équipement

Le Reste à charge (RAC) est fréquemment cité comme principal facteur du non-équipement des malentendants appareillables. D’un niveau de 1000 euros en moyenne par appareil, ce RAC est plus élevé en France que dans la plupart des pays d’Europe Occidentale (Allemagne, Suisse, Italie, Royaume-Uni, Suède, Norvège, Danemark,…).

–        Cette situation ne provient pas du niveau de prix des audioprothèses dont l’Autorité de la concurrence a établi qu’il se situe dans la moyenne basse européenne, et qu’il résulte d’un marché concurrentiel où la part de marché des indépendants est de 60 %.

–        En revanche, le niveau de prise en charge des audioprothèses en France est plus bas que celui de tous les pays cités supra : 120 euros par appareil remboursés par la Sécurité sociale (tarif non réévalué depuis 1986) + 400 euros en moyenne par les complémentaires.

–        Le niveau moindre du taux d’équipement français est tempéré par un très haut niveau de satisfaction des personnes appareillées, qui permet un port effectif des appareils (observance) plus élevé que dans toute l’Europe du Nord (taux de satisfaction français : 84 % ; taux de satisfaction danois : 71 %). (Kervasdoué-Hartmann 2016).

En pratique, d’autres freins à l’appareillage doivent en outre être pris en considération :

–        Des freins psychologiques (le port de l’appareil comme signe de vieillissement), qui amènent l’Autorité de la concurrence à recommander une campagne d’information et de sensibilisation de la population.

–        Une fréquence très insuffisante des tests auditifs (au Danemark, seuls 33 % de la population n’ont jamais subi de tests auditifs, en France, ce chiffre est de 51 %)

–        Une moindre propension des médecins français à prescrire un appareillage auditif : au Danemark, 56 % des malentendants se voient prescrire un appareillage, en France, cette proportion est de 48 %.

 

         3. L’amélioration de la santé publique et le redressement des finances sociales passe donc par le développement en France d’une culture de la prise en charge des troubles auditifs :

–        améliorer le remboursement pour lever les freins financiers à l’appareillage ;

–        sensibiliser population et médecins aux enjeux de l’appareillage ;

–    améliorer le dépistage des troubles auditifs pour permettre un traitement plus précoce avant la perte d’autonomie ;

–        maintenir le niveau actuel élevé de satisfaction et d’observance, ce qui passe par la qualité des prestations d’adaptation et de suivi (évitant un « appareil au rabais » qui verrait s’accroître la dépense sociale et les ventes pour des appareils mal adaptés et voués à rester dans un tiroir).

La profession des audioprothésistes est en ordre de bataille pour mettre en oeuvre ces évolutions avec les pouvoirs publics.

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