Pourquoi seulement la moitié des malentendants ont-ils une prescription médicale d’appareillage ?

Dequelle manière les aides auditives améliorent la qualité de vie
Les bénéfices de l’appareillage
8 août 2017
freins de l'appareillage
La décision de s’appareiller et les freins à l’appareillage.
29 septembre 2017
Show all

Pourquoi seulement la moitié des malentendants ont-ils une prescription médicale d’appareillage ?

graphique art1

Aujourd’hui, dans le parcours de soin coordonné, c’est au médecin traitant d’adresser le patient à un médecin spécialiste : oto-rhino-laryngologie (ORL).
Seul le médecin traitant peut effectuer un diagnostic à propos d’un trouble auditif sur un de ses patients.

La mission du médecin consiste à :

– Situer l’atteinte (oreille externe, Cellules cillées),
– Qualifier le trouble auditif et son origine,
– Quantifier la perte auditive (nombre de décibels perdus, les fréquences…).
Le patient sera invité à décrire sa gêne, rappeler ses antécédents et à réaliser une ostopie. L’ORL réalise des tests audiométriques dont les objectifs seront de préciser les caractéristiques de la surdité. Il débutera par une série de tests subjectifs avec un audiomètre calibré tonal et vocal. La bonne réalisation de ces tests renvoie à l’expérience du médecin et à une participation active du patient. Ensuite, des tests complémentaires seront effectués utilisant des recueils électriques ne réclamant pas la participation du patient pour valider certaines épreuves subjectives et préciser certaines étiologies.

Tests subjectifs :

Le premier test subjectif est une audiométrie médicale qui doit s’effectuer dans des conditions très strictes.
On commencera d’abord par une audiométrie tonale effectuée dans une cabine insonorisée et au moyen d’un casque qui testera l’audition du patient sur les plages de fréquences de l’audition humaine. Ce test permettra de délimiter le seuil décibel entendu par le patient. Ensuite, une audiométrie osseuse succédera à l’audiométrie médicale.
La réalisation de ces deux tests offrira deux courbes au médecin ORL, ce qui lui permettra de préciser l’étiologie, c’est-à-dire s’il s’agit d’une surdité de perception, de transmission ou mixte.
Le médecin ORL enchaînera sur une audiométrie vocale qui amènera le patient à répéter des mots dans le but de délimiter sa capacité à comprendre sur différentes intensités de présentation.

Tests objectifs :

Le premier test objectif réalisé est la tympanométrie, à l’aide d’un tympanomètre qui permettra d’analyser la qualité de la mobilité du tympan ainsi que la chaîne qu’il forme avec les osselets. Il permet également de tester les réflexes stapédiens ( réflexe musculaire qui sert à protéger l’oreille interne des fortes intensités sonores).
Une série de tests complémentaires peuvent également être menés tel que :
– Un test avec des électrodes pour apprécier la diffusion du signal nerveux de la cochlée au cerveau.
– Une IRM.
Suite aux différents tests effectués, le médecin ORL prescrira un traitement au patient.

 

En fonction du déficit auditif observé et des causes ayant amené ces troubles, un traitement chirurgical ou un traitement spécifique adapté peuvent être envisagés.

 

Lorsqu’il n’y a pas de traitement chirurgical adapté au trouble auditif, le médecin ORL guidera le patient vers l’appareillage auditif.

 

La prescription d’appareils auditifs n’est pas automatique.

 

Le sondage Eurotrack 2015 (mettre un lien) indique que seuls 48 % des malentendants disposent d’une prescription médicale.

Pourquoi plus de la moitié des malentendants ne disposent pas d’une prescription médicale ?

– Le médecin peut avoir jugé que le trouble auditif du patient ne nécessite pas un appareillage,
– Soit que l’individu concerné a un trouble auditif entre 20 et 30 dB qui ne correspond pas aux règles habituelles d’appareillage,
– Soit qu’ils n’ont pas consulté un médecin ORL,

graphique art1

L’étude Eurotrack 2015 montre également que la proportion d’individus sans prescription est supérieure en France par rapport aux autres Pays européens notamment si l’on compare la France au Royaume-Uni et à la Norvège. En effet, dans ces deux Pays, 73 % des patients sont orientés vers un audioprothésiste contre 63 % en France.
La proportion de malentendants dans la population française tend à augmenter avec le vieillissement de la population. De plus, une réduction des médecins ORL semble inévitable dans les prochaines années : 30 % des ORL en exercice ont plus de 60 ans et 66,7 % ont plus de 50 ans.
Les conditions d’accès au médecin ORL pourraient à l’avenir s’avérer plus difficiles que d’avoir par exemple aujourd’hui un rendez-vous chez un gynécologue ou un ophtalmologue. Les délais pour obtenir un rendez-vous ont d’ores est déjà très nettement augmenté entre 2011 et 2014 pour passer de 29 jours en moyenne à 36 jours en 2014.
En conclusion, seul un médecin peut effectuer un diagnostic sur le déficit auditif d’un individu. La prescription d’un appareil auditif n’est donc pas systématique tout en sachant qu’à peu près la moitié de la population malentendante est aujourd’hui appareillée. Pour finir, l’accès à un médecin ORL risque de devenir plus difficile d’ici les prochaines années pour potentiellement augmenter la difficulté d’accès à un appareillage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *