Guillaume Flahault, président du Synea répond à l’Ouïe magazine

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Guillaume Flahault, président du Synea répond à l’Ouïe magazine

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Interview Synea de L’ouie Magazine

« Comme entrepreneurs nous n’avons qu’un slogan : liberté d’entreprendre et liberté de choix des patients. »

Attaques médiatiques, prix, Loi Le Roux, formation, dépistage.

Récemment élu à la tête du Syndicat national des entreprises de l’audition (SYNEA) Guillaume Flahault, fait le point.

 

L’Ouïe-Magazine (OM) : La profession a encore récemment fait l’objet d’attaques médiatiques, notamment en matière de prix. Que répondez-vous ?

Guillaume Flahault (GF) : Le prix moyen des aides auditives baisse. Aujourd’hui il tourne autour de 1 400 euros, ce qui n’est pas inaccessible ni injustifié.

De plus, les audioprothésistes et les entreprises de l’audition ne cessent de développer des produits d’entrée de gamme, des facilités de paiement. Des offres et des moyens qui favorisent l’accès aux appareils. Pour preuve, le taux d’équipement est à 30%, il était à 15% il y a 15 ans !

Par ailleurs nous proposons aux pouvoirs publics, notamment dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement de développer une information transparente du grand public sur les prix pratiqués.

Nos prix ne sont pas suffisamment expliqués voire décortiqués pour être compris et donc acceptés. Des rencontres sont prévues entre nous, le Syndicat national de l’industrie et techniques médicales (Snitem), pour les fabricants, l’Unsaf et le Collège national d’audioprothèse. Afin de déboucher sur un livre blanc et des propositions concrètes..

OM : Ces mises en cause journalistiques font bien souvent référence aux produits Sonalto

GF : Sonalto est parvenu à nous faire passer pour des corporatistes, des « affreux jojos », des voleurs. Notre position est claire : le Synea n’est pas opposé aux amplificateurs de sons, mais il n’est pas question de faire de la publicité, et de la concurrence déloyale à notre profession. en confondant accessoire et aide auditive. Laquelle est indissociable du service prothétique de l’audioprothésiste. Il existe plein d’autres assistants d’écoute …. Et bien moins chers ! Sonalto n’a rien inventé.

Soyons clairs : nous sommes les avocats de notre profession. Nous poursuivons la procédure pour publicité mensongère. L’Agence nationale de sécurité du médicament et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des Fraudes devraient faire leur travail.

OM : Au- delà de ces sujets d’actualité, la fin de l’année dernière a été marquée par le vote de la « Loi Le Roux » et son adoption définitive au début de 2014. Un texte qui autorise les mutuelles, à l’instar des autres OCAM, à développer des réseaux de professionnels. Comment réagissent, les entreprises de l’audition que vous représentez, à ce nouvel environnement réglementaire ?

GF : Nous considérons que la loi Le Roux de fait donne aux OCAM les moyens de mettre en place des réseaux fermés. C’est une menace à la liberté des patients
Comme entrepreneurs nous n’avons qu’un slogan : liberté d’entreprendre et liberté de choix des patients. Nous restons très vigilants sur l’évolution d’un environnement réglementaire qui demeure très favorable aux OCAM. Il n’est pas question « de leur laisser les clés du camion ! »

L’OM : Au-delà d’une position défensive, vous mettez en avant un certain nombre de propositions concrètes en matière de remboursement et de dépistage, afin de faciliter d’accès aux aides auditives. Quelles sont-ces propositions ?

 

GF : Outre la question de transparence des prix, que nous avons abordée précédemment, nous voulons être force de proposition dans le cadre de la réflexion menée par Mme Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées et à l’autonomie.

En la matière, la ministre est désormais convaincue du lien entre perte d’audition et déclin cognitif. Cette population âgée et démunie représente aujourd’hui cinq millions de personnes. Elle est susceptible de déclarer de nombreuses pathologies en raison de son environnement et de son isolement. Nous avons mené cette action d’information aux côtés de l’Unsaf et de son président Luis Godinho, et nous en sommes pleinement satisfaits.

 

Autre mesure concrète : le dépistage systématique à l’âge de 60 ans. Nous sommes prêts à mettre nos 2 000 centres à disposition pour une action massive.

 

Nous allons aussi nous atteler à l’approfondissement de l’étude sur le lien entre déclin cognitif et audition, et nous souhaitons soutenir une grande étude épidémiologique qui associerait les audioprothésistes, les médecins et, de préférence, en lien avec les pourvois publics. C’est essentiel, c’est une manière indirecte mais concrète de montrer toute l’utilité de notre valeur ajoutée, un audioprothésiste n’est pas utile, il est indispensable.

 

Nous devons également travailler auprès des paramédicaux, des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), des infirmiers, des maisons de retraite, pour toujours mieux sensibiliser aux problèmes d’audition. Nous sommes une profession de progrès qui accompagne la santé des gens, nous voulons favoriser l’accès aux soins, lutter contre la perte d’autonomie et d’indépendance, on veut aider les gens à mieux vivre. Il ne faut pas oublier que « vivre c’est vieillir, donc vieillir c’est vivre ! »

 

OM : Vous avez cité à plusieurs reprises l’Unsaf. Quels rapports entretenez-vous. Quels sont vos convergences et divergences ?

 

GF : Lors de la présidence de Bruno Delaunay, dont je prends la suite, nous avons beaucoup travaillé à cette convergence sur de nombreux dossiers. Nous partageons souvent la même vision des choses. Et notamment en matière de démographie professionnelle. Comme eux, nous sommes favorables à une approche prospective, rigoureuse et raisonnable. En fonction des besoins réels de la population. Toutefois le Synea se distingue par son approche entrepreneuriale, il est le représentant des intérêts des entreprises du secteur.

 

OM : A ce titre combien d’entreprises représentez-vous aujourd’hui ?

 

GF : En 2008, nous comptions 1 200 centres adhérents, à ce jour nous en sommes à près de 2 000 ! Notre syndicat patronal représente plus de la moitié du marché de l’audioprothèse.

 

Au-delà de la défense des intérêts des entreprises du secteur, le Synea est aussi fortement impliqué dans la formation prodiguée dans les écoles d’audioprothèse. A ce titre, nous soutenons l’Université de Lyon par l’intermédiaire de Neurodis, une fondation de coopération scientifique dédiée aux pathologies du cerveau. Ce qui a permis de doubler le nombre de diplômés à Lyon. Nous allons créer une lettre d’information « La lettre du Synea.» Nous réfléchissons également à l’établissement d’un panel des ventes Synea qui regroupera l’ensemble des données du marché de nos adhérents. Enfin nous allons vraisemblablement accueillir une nouvelle enseigne. parmi nos membres. Nous ne manquons pas de projets !

 

OM : Comment réagissez-vous aux attaques menées à la filière audio lors de l’émission de France Inter du 23 février ?

GF : La filière de l’audition mérite un meilleur sort médiatique

Encore la même soupe indigeste qu’on nous ressert, avec des ingrédients issus du rapport de la Cour des Comptes, qui sont toujours aussi inexacts : le taux d’équipement, les marges, les prix d’entrée et les prix moyens.

Encore les mêmes personnes qui crachent dans la soupe et qui dénigrent les audioprothésistes : Dubreuil, Afflelou et Sonalto. Le Professeur Dubreuil évoque un prix d’entrée des audioprothèses nettement supérieur à la réalité et Afflelou et Sonalto mettent maintenant sur le dos des audioprothésistes leurs propres difficultés. La charge serait incomplète sans l’évocation des «médecins ORL qui profitent de ce système.»

Tous ceux qui dénigrent notre profession, par calcul financier ou par acharnement, contribuent à fragiliser la filière de l’audition dans son ensemble, aux dépens de la santé des patients.

Le taux d’équipement en audioprothèses augmente d’un point par an, les appareillages sont de plus en plus accessibles malgré un niveau de prise en charge excessivement bas, la satisfaction de nos patients est au plus haut (80%). Avec les médecins et les fabricants, mobilisons-nous pour promouvoir notre filière de l’audition qui mérite un bien meilleur sort médiatique.

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